17/05/2014

Le gâteau du géant: conte pour enfants

Le gâteau du géant

 

I

L était une fois un petit village gai, aux maisons souriantes, aux jardins fleuris, qui s’appelait Jolipré.

 

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Les habitants de ce petit bourg coulaient des jours heureux et paisibles. Ils cultivaient leurs terres fertiles, soignaient avec amour leurs animaux domestiques et se réunissaient souvent pour fêter leur félicité. Bref tout allait bien dans cette contrée idyllique…

 

Or, un matin de printemps, le village tout entier fut réveillé par un grand fracas. Les villageois, effrayés, se retrouvèrent bientôt en pan de chemise sur la petite place de Jolipré.

-          Que se passe-t-il ? Est-ce un tremblement de terre ? Serait-ce le tonnerre ?

Les questions fusaient de partout, ne trouvant nulle réponse sur les visages interloqués…

 

Quant à nouveau, un craquement formidable se fit entendre à la lisière de la forêt et plusieurs chênes majestueux  s’écrasèrent au sol, laissant apparaître un être d’une taille gigantesque qui se frayait un chemin en vociférant.

 

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-          Regardez, c’est un géant ! crièrent les enfants.

 

 

 

Un vent de panique secoua l’assemblée des villageois et tous s’en furent, à la vitesse de l’éclair, se barricader derrière leurs portes de chêne, redoutant d’être piétinés par le géant en colère. Seules, les poules du village n’avaient pas trouvé refuge à temps et tentaient de se dissimuler dans les buissons avoisinants.

 

-          Hola, n’y a-t-il personne ici ? hurla le géant.

 

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Au même instant, il apercevait nos pauvres petites poules bien maladroitement cachées.

 

-          Des poules ! s’écria t-il. Je cherchais des œufs pour confectionner mon gâteau et voilà que je tombe sur des poules ! Quelle aubaine !

-           

Il déplia un énorme sac dans lequel il fourra sans aucun ménagement des centaines de volatiles. Il s’en retourna aussitôt dans la forêt, visiblement content de sa trouvaille.

 

 Un à un, les habitants de Jolipré sortirent de leurs chaumières encore tout éberlués de ce qu’ils avaient vu.

 

-          Il a enlevé nos poules ! Nos pauvres petites poules ! entendait-on ici et là…

 

Tout le monde se lamentait  ainsi lorsque, d’un fourré voisin, sortit Coquette, une des poules du boulanger. Elle se dirigeait vers le cercle des humains.

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 (Il faut parler ici de cette brave Coquette qui était connue dans tout le pays pour sa grande intelligence et ses exploits réalisés plusieurs fois lorsque Jolipré avait été menacé par de méchantes gens. C’est ainsi qu’elle avait, à elle toute seule, ameuté le village au complet et fait fuir des hordes

 

 entières de voleurs apeurés par le bruit qu’elle faisait).

 

Coquette, couchée dans les bras de la boulangère, écoutait à présent les villageois se lamenter sur le sort qui serait réservé aux animaux kidnappés. Tandis que l’on élaborait par-ci par-là des plans pour le sauvetage des poules, notre amie sauta à terre et se dirigea en courant vers la forêt, faisant au passage un petit signe entendu aux villageois…

 

 

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Et en effet, notre brave Coquette marchait à présent dans l’immense forêt à la recherche de ses congénères, s’écorchant les pattes aux épines des buissons, s’arrêtant pour tendre  l’oreille de temps en temps, se remettant courageusement en route après un petit repos au bord d’un ruisseau. Il n’était pas bien difficile pour elle, petite bête maligne, de retrouver la trace des disparues. Elle avait bien vite compris qu’il lui fallait tout simplement suivre le chemin tracé par le géant qui avait tout piétiné sur son passage.

 

Après deux longs jours de marche, elle s’arrêta encore une fois. Arrivée dans une gigantesque clairière, elle vit, dressé devant elle, un immense château aux multiples tours bleues et dans lequel résonnaient des bruits de pas et des grognements furieux.

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 Elle s’approcha du bâtiment et s’engagea dans le dédale de nombreux couloirs au sortir desquels elle pénétra subrepticement dans une très vaste salle. Elle vit, marchant en rond et visiblement mécontent, le fameux géant.

 

-          Elles ne pondent pas assez vite, criait-il. Jamais mon gâteau ne sera prêt comme me l’a ordonné ma marâtre qui arrive dans deux jours. Quelle catastrophe ! Je m’en vais secouer ces fainéantes !

 

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Il traversa à son tour les couloirs et se dirigea vers un affreux réduit en bois qu’il secoua de toutes ses forces provoquant ainsi un immense caquètement de peur de la part des amies de Coquette.

 

-          Bon sang de bon sang, allez-vous vous dépêcher ? je reviendrai ce soir et…gare à vous si je n’ai pas tous les œufs pour mon gâteau !

 

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Coquette, qui avait suivi le géant, attendit que celui-ci fût parti avant de s’introduire dans la cabane. Quelle ne fut pas sa surprise, en entrant, de découvrir ses sœurs entassées les unes sur les autres, dans de minuscules cages alignées, les unes avec les pattes dépassant des barreaux, les autres avec la tête en bas, d’autres encore à moitié étouffées sous le poids de leurs compagnes, bref dans une posture bien peu enviable !

Elle s’approcha des cages et avertit silencieusement ses amies, leur donnant l’ordre de se taire afin de ne pas ameuter le géant !

 

-          Oh Coquette,  gémissaient les malheureuses, sors-nous de là, nous étouffons, nous n’en pouvons plus et nous allons mourir si personne ne nous délivre !

 

Coquette, qui gardait son calme examinait à présent les serrures des cages. Elle scruta la cabane dans ses moindres recoins et trouva enfin dans un fouillis indescriptible d’outils  et d’objets de toutes sortes, une énorme clef de fer qu’elle jugea rapidement impossible à manier tant elle lui paraissait lourde.

 

 

 

 

Les prisonnières s’impatientaient, pleuraient et tentaient de casser leurs barreaux en becquetant l’acier qui ne voulait point céder. Pendant ce temps, notre héroïne réfléchissait. Elle cherchait désespérément une idée. Les poules, connaissant son intelligence, s’étaient tues et guettaient une réaction sur ses traits concentrés. Soudain, Coquette bondit…

 

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-          Ca y est ! J’ai trouvé ! Ecoutez-moi toutes ! Puisqu’il m’est impossible de soulever cette clef, nous allons essayer quelque chose toutes ensemble. Ne dit-on pas que l’union fait la force ?

-          Que pourrait-on bien  faire, serrées et coincées comme nous sommes toutes ? demanda Noirette.

-          Taisez-vous  et prêtez-moi attention. Voilà mon plan : à mon signal vous inspirerez chacune de toutes vos forces. Il est absolument nécessaire que vous gonfliez votre poitrine au maximum et… il se peut bien que si vous parvenez à remplir vos poumons toutes en même temps, les barreaux de vos cages ne résisteront pas à la poussée de vos corps…

-          Crois-tu que nous y arriverons ainsi ? demanda Coquine.

-          Essayons toujours, dit Coquette. A mon signal, vous inspirerez le plus d’air qu’il vous est possible d’inspirer puis vous bloquerez votre respiration et vous pousserez de toutes vos forces contre les barreaux. Vous y êtes ? Une, deux, trois…

 

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Toutes les poules, sans exception, même les plus affaiblies se gonflèrent en inspirant et poussèrent de toutes leurs forces sur les barreaux qui s’écartèrent aussitôt.

Les animaux libérés s’enfuirent à toute vitesse vers la forêt, précédés de la géniale Coquette.

 

 

 

Après un bref repos et des embrassades de reconnaissance, elles se mirent en route vers Jolipré. Elles avaient bien pris soin d’emporter leur ponte du jour, riant d’avance de la surprise du géant lorsqu’il allait découvrir la cabane vide de poules…et d’œufs !

 

Deux jours plus tard, les rescapées arrivèrent enfin au village et, poussant des cris toutes ensemble, avertirent les villageois de leur retour au bercail.

 

 On fit une fête en l’honneur de Coquette.

 

 

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Les paysans se demandaient bien comment l’héroïne du jour avait réussi son exploit. Coquette et ses sœurs étaient au comble du bonheur de se retrouver ainsi chez leurs gentils gardiens.

 

Au beau milieu de la fête, la petite poule rassembla ses comparses et tint un mystérieux conseil auquel les villageois assistèrent sans comprendre le moindre mot (en langage-poule) échangé.

 

Tout à coup, un énorme fracas se fit entendre dans la forêt qui livra bientôt passage au géant furieux d’avoir été berné ainsi de la sorte par des animaux que l’on dit « sans cervelle » ! Il s’apprêtait à écraser une maison, ivre de colère, lorsque Coquette et ses sœurs bondirent sur lui, le becquetant de toutes parts et l’obligeant ainsi à fuir à grandes enjambées, hurlant de douleur. Le second plan de Coquette avait réussi.

 

Le calme était revenu au village lorsque le géant, revenu en catimini, tenta encore une fois de récupérer les poules, celles-ci le becquetèrent tant et tant qu’il dut se résoudre à battre en retraite en vitesse sous les quolibets des paysans...

 

Coquette et ses amies décidèrent de s’installer pendant quelques jours à la lisière de la forêt pour surveiller et empêcher l’éventuel retour du géant.

 

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Mais vous comprenez bien que l’on n’entendit plus jamais parler de cet affreux monstre qui s’était sans doute enfui à tout jamais, blessé et humilié par de minuscules volailles.

 

La vie reprit, paisible comme avant, à Jolipré. Coquette et ses sœurs continuèrent à pondre des œufs pour leurs gentils maîtres et elles acquirent une telle réputation dans le pays que plus jamais aucun voleur n’osa se présenter aux portes du village !

 

 

 

 

 

 

Fin

19:29 Écrit par marieache dans Contes pour enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

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